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Partners in Dreams : La Librairie Volontaires

Propos recueillis par Yona

 

Orbesonge rime avec rêve, et avec rencontre également. Lieu d’échanges, de découvertes, parfois des univers font connaissance et finissent par se plaire et s’apporter mutuellement des choses. Yona poursuit ses rencontres oniriques en terres plus réelles pour vous présenter les partenaires d’Orbesonge. Commençons ces entrevues avec la librairie Volontaires.

Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?

Je peux essayer ! Déjà, ma carte d’identité indique un certain Émile, de nationalité française, né en 1991. Je pourrais ajouter que j’ai presque toujours vécu à Paris, et que « lecture » et « animaux » sont deux des trois premiers mots qui me viennent à l’esprit quand je songe à ce que j’aime. Enfin, j’exerce actuellement le métier de libraire. Voilà pour les grandes lignes !

 

Enchantée Émile. Justement, parlons de votre librairie. Comment la décririez-vous ?

La librairie Volontaires est une petite librairie généraliste, située dans le 15eme arrondissement de Paris. Elle s’envisage plutôt comme une librairie de fonds, c’est-à-dire une librairie où les nouveautés ne représentent qu’une petite part des ouvrages proposés, pour laisser plutôt la place à des ouvrages qu’on pourrait dire de référence, ou des écrits plus susceptibles de résister (ou de continuer à résister) à l’épreuve du temps. Une sélection de nouveautés y est toutefois bien présente, le but n’étant pas d’être fermé au monde contemporain !

 

Et quel genre d’ouvrages proposez-vous ?

Les rayons les mieux fournis de la librairie sont sans doute la littérature classique (française et étrangère), l’histoire et la philosophie, ainsi que la littérature spirituelle et plus précisément mystique, qui occupe une place particulière dans mon cœur et mon esprit. Une dernière caractéristique de la librairie est l’attention suivie et admirative qu’elle porte à une variété d’éditeurs indépendants, aux livres formidables. Un espace important de la librairie leur est consacré. Orbesonge a donc déjà son écrin réservé ici !

 

En effet, je vois ça ! Depuis quand travaillez-vous avec Orbesonge ? Et comment est né ce partenariat ?

S’il y a bien une notion que je perds, c’est celle du temps. Je suis incapable de dire depuis combien de temps je connais Orbesonge. Trois ans, quatre ans, peut-être ? Je me trouvais un jour sur la page d’accueil de Tipeee. En bas de la page, dans la section « Derniers tips », je suis tombé sur un nom qui a immédiatement piqué ma curiosité : Orbesonge. Dernièrement, je faisais l’expérience d’un certain nombre de coïncidences pleines de sens, ainsi que des rêves intenses, je me sentais guidé vers différentes sources d’inspiration dans ma propre quête, et le mot d’Orbesonge avait cette résonance-là. L’univers du rêve lucide m’intéressant particulièrement, cet attrait pour le monde d’Orbesonge s’est naturellement confirmé à mesure que je me plongeais dans son imaginaire. Jusqu’à ce jour, même si je ne fais pas vraiment partie de la communauté, j’ai une affection particulière et profonde pour le monde d’Orbesonge. Le mot lui-même, mystérieux, résonne tout simplement en moi.

 

Je suis ravie d’apprendre que nous partageons cette attirance pour Orbesonge. Revenons à votre librairie, comment s’est lancé ce projet ?

La librairie Volontaires est née il y a exactement un an. Je venais alors de passer deux années sabbatiques dans le Gard : un an dans un petit village nommé Saint-André-de-Roquepertuis, puis un an à Uzès. J’avais besoin de ces deux années de solitude pour résoudre un certain nombre de questionnements existentiels, qui m’empêchaient tout simplement d’envisager ou de maintenir quelque métier ou cursus d’études que ce soit. Une fois une certaine paix retrouvée - ou trouvée tout court ! -, le reste de ma vie a commencé à s’aligner de lui-même, notamment avec cette opportunité de reprise d’une librairie.
Mon père ayant lui-même repris une librairie il y a quelques années, j’avais eu l’occasion d’y travailler informellement de temps en temps, mais à l’époque le contact social m’était trop pénible pour que ce métier commerçant suscite un quelconque désir professionnel chez moi, malgré mon amour des livres. Toutefois, à l’issue de ces deux années de solitude et de travail sur moi, il m’est apparu clairement que la reprise de la librairie Volontaires (anciennement « La Lucarne ») était le coup naturel à jouer à ce moment-là de ma vie : cela sonnait tout simplement juste. Cela m’a certes demandé beaucoup d’énergie, car il a fallu reconcevoir entièrement le lieu, et cela m’en demande toujours au quotidien, mais quand je me vois dans la librairie en ce moment même, je me rends également compte que tout cela s’est en réalité aussi manifesté tout seul, comme par magie… ou comme dans un rêve !

Combien êtes-vous dans ce projet à ce jour ?

Je travaille seul, sans rendre de compte à personne ni personne pour m’en rendre. Pour moi, c’est la liberté, et je ne sais pas si je supporterais de travailler autrement. Ou alors, il faudrait que ce soit avec de très bons amis, sans aucun sentiment de hiérarchie. C’est d’ailleurs peut-être ce qui se dessine pour cette deuxième année, car les activités de la librairie et ma vie en général se diversifient, et que j’ai des amis sur qui compter pour ne pas me retrouver seul au four et au moulin ! Enfin, rien de tout cela n’aurait été possible sans mon père, qui a pris sur lui pendant longtemps l’ensemble de la charge administrative de ce projet, ce qui m’a permis de me concentrer uniquement sur la création du lieu, son esprit et son contenu. En somme, je suis à la fois seul et bien entouré. Que demande le peuple !

 

C’est une excellente nouvelle ! Y-a-t-il par hasard des anecdotes agréables à raconter à propos d’Orbesonge ?

Aucune en particulier, je crois ! A ce jour, il s’agit plutôt d’une amitié en pensée.

 

Dans ce cas, en quoi vos univers se retrouvent-ils ? Quel est par ailleurs votre rapport au rêve et à l'imaginaire ?

Je n’ai pas d’univers artistique à proprement parler, ou alors si j’en ai peut-être un qui commence à balbutier, il ne porte pas vraiment sur la dimension onirique de nos vies. En revanche, ce que je pourrais considérer comme mon propre univers intérieur entre en pleine résonance avec les thèmes que m’évoque Orbesonge. D’abord, l’une des questions qui se trouve au cœur de ma vie intérieure, c’est la question de la conscience : sa nature, son rapport avec le monde, et la possibilité de cultiver un état de conscience plus lucide que celui dans lequel nous nous maintenons dans nos rêves comme dans notre vie éveillée. De là, la question du rêve lucide m’intéresse nécessairement, et s’applique pour moi aussi bien de nuit que de jour. Je vois à vrai dire cette vie diurne comme un rêve qui jaillit de la Conscience, littéralement fait de Conscience, comme ceux plus incohérents et purement individuels que nous vivons de nuit. J’aspire donc à une plus grande lucidité dans le rêve diurne comme dans le rêve nocturne. Quand on voit l’intégralité de la Vie comme un rêve, la frontière entre rêve et réalité, monde réel et monde imaginaire ou onirique, devient bien ténue ! C’est pourquoi l’existence d’autres mondes (c’est-à-dire autres que physiques), est aussi l’une des idées que je continue d’explorer l’esprit ouvert, en lien avec certaines expériences que je vis au quotidien, de jour comme de nuit. Alors, naturellement, l’univers d’Orbesonge a de quoi m’intriguer et m’inspirer dans ma quête !

 

En vous souhaitant bonne route dans votre quête, est-ce que l’on peut vous retrouver sur les réseaux sociaux ?

A ce jour, non, désolé ! Mais la librairie reste disponible pour toute demande par e-mail.

 

Merci pour vos réponses ainsi que pour la visite virtuelle que vous nous permettez. Au plaisir de découvrir la librairie Volontaires de mes yeux !