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Rendez-vous en terres oniriques : Haryon

Propos recueillis par Yona

 

Regarde-moi cette beauté !


Yona et Haryon s’étaient rencontrés sur un bord de falaise, là où le vent frais est une mélodie qui accompagne le bruit de l’eau qui clapote contre les amas de roches. Les deux onironautes profitent de leur hauteur et observent l’horizon, essayant de deviner ce qu’il se cache là-bas, plus loin, dans le noir.

Haryon, c’est cela ? J’ai l’habitude de commencer par demander l’origine des noms de plume.

Yona se fait surtout la réflexion à elle-même, mais c’est de cette façon que débute leur entrevue : sur une parole échouée comme les vaguelettes sous leurs yeux. Assis·es au bord, les deux comparses sont seul·es au-dessus de l’impénétrable étendue d’eau.

Il s’agit d’un mix entre Harry, car j’ai grandi avec l’univers de Harry Potter, j’avais le même âge que le sorcier à la sortie du premier film et je me suis toujours retrouvé dans cet univers, et Orion, en référence à la Galaxie d’Orion, dans Men in Black, que j’ai d’ailleurs inclus dans un tatouage. En bref, c’est ma fascination pour les galaxies et plus généralement de l’univers et c’est aussi un pseudonyme phonétiquement très proche d’un prénom que j’affectionne particulièrement : Marion.

 

Joli prénom, je trouve aussi. Et, dis, tu saurais te définir en trois mots ?
Haryon fait la moue et réfléchit, mais pas trop longtemps. Il savait se définir sans trop de difficultés.

Je suis fidèle, que ce soit en relation d’amitié, d’amour ou encore fidèle à mes valeurs. Je ne supporte pas les injustices. Ensuite, touche-à-tout ! À peu près… tout m’intéresse ! Autodidacte et perfectionniste, j’aime apprendre et ajouter de nouvelles cordes à mon arc. Enfin, je suis créatif : j’ai une imagination débordante, je fourmille d’envie de créations, mais je manque cruellement de temps et d’argent pour réaliser le dixième de ce que je voudrais faire...

 

Je comprends, oui. En parlant de ça, j’allais justement te demander qu’est-ce qui t’inspire le plus ?

Tout ce qui a trait au fantastique. J’adore les films de Tim Burton, notamment Alice au Pays des Merveilles, l’univers de Disney, j’aimerais d’ailleurs aller à DisneyLand… Plus généralement, je suis fan de tout ce qui invite au rêve, à l’évasion, à plus de magie et de légèreté et que cela soit des films, des parcs d’attractions, des escape games, tous les arts, etc.

 

Ta réponse me satisfait totalement, j’apprécie également ces univers-là,  acquiesce Yona en portant son regard sur le vide qu’iels surplombent. Qu'en est-il de ton rapport au rêve ?

Je rêve beaucoup. Mes rêves sont nombreux, intenses et réalistes, bien que souvent loufoques, ce qui a pour effet de m’occasionner de fréquentes crises de somnambulisme. Le rêve et la frontière entre rêve et réalité me fascinent, j’ai d’ailleurs créé l’Atelier d’Onirium, en vue de mettre mes rêves et délires en image. Il m’arrive de m’interroger quant à savoir si je suis dans la vie réelle ou dans un rêve, un peu comme dans Inception, c’est… perturbant…

 

Quelques longues secondes d’introspection se sont perdues dans la discussion. Les deux personnes étaient d’accord sur le fait que ce soit un sujet fascinant et aussi passionnant à explorer que les fonds marins. Sur un ton enthousiaste, Yona reprend ses questions :

Justement, quel est ton plus grand rêve ?

Cette question spontanée fit réagir Haryon. Il hésita et lâcha :

J’utilise mon joker ! Je ne peux pas encore en parler, mais j’espère qu’il se concrétisera rapidement.


Très bien, promis j’arrête de te piéger. Parle-moi plutôt de comment tu te sens en Orbesonge et de ce que tu y fais ?

Je suis plutôt solitaire, même si j’apprécie la compagnie d’Edwige, mon zèbre - et oui, une nouvelle référence à Harry Potter - et que j’aime y retrouver mes ami·es. Ma mission est de venir en assistance aux rêveur·euses qui en ont besoin.

 

C’est sur cette note que l’interview se coupa, mise sur pause comme l’étendue d’eau qui avait décidé de se calmer au moment des au revoir. Iels pourraient toujours se retrouver dans le courant d’un rêve, en attendant, le rendez-vous était donné pour autre part...

 

Retour en terres plus réelles

Haryon avait déjà abordé son intérêt pour l’univers de Disney, c’est pourquoi Yona n’était nullement étonnée d’être invitée à Disneyland Paris. Cela lui rappelle même une interview qu’elle avait déjà eue ici et elle est persuadée que cela se passera tout aussi bien. Haryon avait été précis sur le lieu, il souhaitait lui faire découvrir l’attraction Phantom Manor.
Iels se retrouvent et échangent rapidement avant d’entrer. En pénétrant dans l’attraction, Yona a directement pu ranger son carnet. Les deux ami·es sont plongé·es dans le noir, ou presque. L’espace est sombre mais des lumières d’ambiance dévoilent de nobles décors et un endroit mis sur pause. Yona se remémore la caractéristique loufoque que Haryon donne à ses rêves et elle fait un parallèle avec ce manoir.

Je sais maintenant que les rêves et le fantastique t’inspirent énormément, tente Yona en marchant à côté de lui, découvrant l’endroit par la même occasion. As-tu d’autres passions ?

J’en ai. Le montage photo : grâce au montage photographique, je me suis affranchi des frontières physiques. Je n’ai donc aucune limite et ça me plait beaucoup. Je développe principalement des montages sur les rêves ou le fantastique et j'adore l’univers Disney, duquel je m’inspire pour certaines de mes créations, avec une large préférence pour Alice au Pays des Merveilles. Sinon, la création. C’est large, mais j’adore créer… Photographies et montages, meubles en bois, aménagement intérieur et extérieur, électricité, mugs, mécanismes, etc. Plus jeune,  je fabriquais tout en papier et carton, jusqu’à une “console de jeu vidéo” où le personnage principal était relié à la “manette” par des fils, permettant de le faire bouger et où le décor avançait à l’aide d’une manivelle que mon frère tournait.

Évoquer ce souvenir fait sourire Haryon.

J’ai bien évolué depuis, mais j’ai encore beaucoup de compétences que j’aimerai acquérir.

 

Comme ? demande Yona.

La soudure, la maroquinerie, le travail du cuir, rocaillage, petit btp, etc. J’aimerais beaucoup maîtriser l’électronique mais ça me sort par les yeux. Enfin bref, j’ai du boulot, mais malheureusement les journées ne durent que 24 heures.

 

Et que fais-tu dans la vie ? En l’espace de 24 heures donc.

Ils montent enfin dans l’attraction et deviennent silencieux. Le décor se met à s’animer, à présenter des personnages, à raconter une histoire qui scotche les deux curieux qui baladent leurs yeux sur absolument chaque détail jusqu’aux plus minimes.

Je peux te parler de L’Atelier d’Onirium. Ce complément d’activité ne me permet pas d’en vivre, loin de là, mais ça m’est cher.

J’allais justement y venir. L’Atelier d’Onirium, cela sonne bien. Qu'est-ce donc ?

Ce sont des posters, tableaux et mugs créés au moyen de photomontages sur le thème du rêve et du fantastique. J’imprime moi-même mes mugs et sous-traite l’impression et le contre-collage dibond des tableaux à un laboratoire photographique à quelques kilomètres de mon domicile. Je réponds également à des commandes personnalisées pour des demandes spéciales de mugs, tableaux, photomontages, etc.

Il faut absolument que je vois ça ! Travailles-tu dans un endroit spécial ?

Je travaille à mon domicile et je n’ai pas de routine particulière. J’essaie simplement de traiter et d’expédier les commandes le plus rapidement possible.

Où est-ce que l’on peut retrouver ton travail ?

Encore dans l’obscurité, Haryon fouille dans son sac pour tendre sa carte de visite à Yona qui, elle, profite d’un éclairage bleuté pour la regarder et la ranger.

Mon travail est visible sur mon site internet et sur ma page Facebook.

 

Le manège semble se terminer, déjà. Iels en sortent, les yeux plissés en redécouvrant la lumière du jour et s’arrêtent devant le Phantom Manor qui porte son identité même de l’extérieur.

Pour finir, quels sont tes projets futurs ?

Développer L’Atelier d’Onirium. C’est-à-dire proposer mes créations à des fabricants de puzzles, proposer des mugs personnalisés aux collectivités que ce soit les pompiers, les mairies, la police etc. Je voudrais aussi participer à des concours photos et répondre à des appels d'offres pour me faire connaître davantage et proposer des escarpins et chaussures customisés sur des thèmes fantastiques et notamment Disney. Enfin, développer mes compétences créatives et améliorer mon lieu de vie.

 

Au cœur même de l’univers Disney, l’interview touchait à sa fin. Iels ne purent s’empêcher de remonter dans l'attraction et de s’amuser, s’inspirer et rêver dans cette ambiance de magie infinie.