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Causerie rêveuse #3 - Le symbolisme des couleurs

Par la Team

Nouvelle année, nouveau concept ! Retrouvez chaque mois un entretien entre nos onironautes autour d'une thématique liée à l’art, la psychologie, la philosophie, le rêve ou tout autre sujet digne de réflexion. Ce mois-ci, on s'interroge sur...

Source : Clic !

Capitaine Blue : Bien, commençons avec une petite définition du sujet. Le symbolisme des couleurs est l’ensemble des associations mentales entre les différentes couleurs et les fonctions sociales ou les valeurs morales.

 

Raxa : En entendant ce sujet, personnellement j’ai envie de ressortir mes cours sur Mondrian, en mode « il a déjà tout dit sur le sujet », ha ha ! Plus sérieusement, c’est un artiste contemporain spécialisé dans l'abstrait qui a écrit des bouquins sur la théorie du symbolisme des couleurs. Et il a écrit des thèses juste énormes sur le fait que, par exemple, quand on demande à quelqu’un dans la rue de dessiner un carré, le plus souvent la personne le dessinera en bleu.

 

Kashmyr : Oui mais bon, là je suis tombée sur un article concernant Mondrian, et en fait Mondrian cherchait à faire l’inverse de ce que l’on essaye de dire. C’est-à-dire « impersonnifier » la couleur et ses symboles.

 

Capitaine Blue : On s’éloigne un peu du sujet, j’ai l’impression que Mondrian est plus dans les associations mentales entre les couleurs et les formes, et non pas les fonctions cruciales des valeurs morales qu'on retrouve dans les formes ou les couleurs.

 

Kashmyr : Après, j’ai fait quelques recherches sur internet, et ce que j’y ai trouvé c’est que notre culture est très catégorique sur les couleurs “simples” : le rouge c’est ça, le jaune représente ça, il n’y a aucune place aux différentes teintes de couleurs. Un vert chaud ou un vert froid selon moi ne va pas représenter la même émotion, le même symbole.

 

Keep : Y a aussi des couleurs qui reviennent plutôt l’été. Genre le rouge, l’orange, le jaune qui sont des couleurs que l’on va attribuer au soleil, au sable, au désert. Alors qu’en hiver, la neige, le blanc, le bleu...

 

Capitaine Blue : En automne il fait froid, et pourtant on se le représente avec les feuilles rouges et or, qui sont des couleurs chaudes.

 

Keep : Les automnes sont pas forcément froid… et moi je vois plutôt l’automne comme une saison douce.

 

Mister Flech : Du coup, le symbolisme des couleurs part surtout de l’observation des objets de la même couleur et ce qu’on veut y attacher.

 

Raxa : Effectivement, mais le meilleur exemple avec son contre exemple que je puisse donner, c’est le blanc et le noir. Pour nous, le blanc représente la pureté, et le noir représente le deuil, alors que dans certains pays asiatiques, c’est l’exact opposé. Je n’ai pas le contre exemple parfait mais, on sait aussi que biologiquement, l’humain voit beaucoup plus de nuances de vert qu’il ne voit de nuances d’autres couleurs. Vu que l’homme a dû faire face aux dangers de la nature - qui est verte - il s’est habitué à percevoir le plus de nuances de vert pour pouvoir le dissocier les autres couleurs. C’est pour ça d’ailleurs que, quand c’est bien, quand on a réussi quelque chose, c’est vert, alors que le rouge nous signifie le danger.

 

Mister Flech : Pour l’aspect scientifique, on perçoit moins de nuances de jaune, parce que nos yeux détectent en premier lieu le vert, puis le bleu, puis le rouge, et enfin le jaune.

 Composition II en rouge, bleu et jaune. Mondrian

Kashmyr : Après, si je peux me permettre, on parle de symbolique de type “le bleu, rapport à la royauté”, mais on oublie les symboliques plus émotionnelles, et c’est là aussi que se pose la question : est-ce que ces symboliques sont universelles ?

 

Aoi Milk : Pour le bleu en rapport à la royauté, je peux vous dire pourquoi ! En fait, les pigments permettant de faire du bleu à l’époque était extrêmement rares. De ce fait, on utilisait cette couleur pour symboliser tout ce qui est image chrétienne, et pour la royauté. Plus tard, avec le “bleu de travail”, cette couleur s’est démocratisée en quelques sortes.

 

Capitaine Blue : D’ailleurs, est-ce que vous pensez que chaque individu est attiré par une couleur spécifique parce que la symbolique de cette couleur lui correspondrait au niveau de l’identité ?

 

Keep : De mon point de vue, absolument pas, parce que personnellement, je n’arrive toujours pas à me fixer une couleur “favorite”.

 

Capitaine Blue : Peut-être parce que tu es du genre indécise.

 

Aoi Milk : Je vais paraître un peu terre-à-terre en partant dans le scientifique, mais pour moi, si on est attiré par telle ou telle couleur, c’est par rapport à la distribution de bâtonnets et de cônes etc.

 

Arcaël : Je pense que la répartition de cônes et bâtonnets ne fait que changer la perception qu’on a de la couleur, et pas l’appréciation qu’on en a.

 

Mister Flech : Pour partir sur autre chose, je me suis fait la réflexion… la couleur que l’on préfère pourrait être la couleur des murs de notre chambre quand on était petit.

 

Clow  : Pour participer un peu au débat, ma couleur préférée a toujours été le violet, parce qu’elle représente le juste milieu entre deux couleurs que j’apprécie aussi, le bleu et le rouge. Il n'y a surement qu’à moi que ça a fait ça, mais je me représente le bleu, rouge, violet, comme le yin et le yang, et cette volonté d’être au milieu de l’équilibre.

 

Arcaël : Je suis tombé sur l’extrait d’une étude, je n’ai pas l’étude en question sous la main, mais de ce que je lis, ils développent l’idée que la couleur n’est pas une propriété de la lumière ou d’objet reflétant la lumière, mais une sensation qui émerge de notre cerveau. En gros, la couleur n’est pas un reflet de la lumière mais une interprétation de notre cerveau.

 

Capitaine Blue : Merci à tous. Un dernier mot Arcaël à ajouter sur ce sujet ?

 

Arcaël : Si la couleur est une sensation qui émerge dans le cerveau, ça explique pourquoi on a toujours voulu attribuer une symbolique à une couleur.

 


Définition photorécepteur, cône et bâtonnet :

Suivant le contexte, le terme photorécepteur peut désigner un neurone sensoriel sensible à la lumière que l'on trouve sur la couche postérieure de la rétine (on parle alors de cellule photoréceptrice ou neurone photorécepteur) ou alors la molécule qui assure la transduction de l'énergie lumineuse en signal biochimique au sein de la cellule photoréceptrice.

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