Causerie rêveuse #2 - Musique & émotions

Par la Team

Nouvelle année, nouveau concept ! Retrouvez chaque mois un entretien entre nos onironautes autour d'une thématique liée à l’art, la psychologie, la philosophie, le rêve ou tout autre sujet digne de réflexion. Ce mois-ci, on s'interroge sur...

○ La musique et les émotions ○

Source : Clic !

Kashmyr : C’est un thème qui ne m’inspire pas énormément, je ressens tellement ça comme une évidence, je ressens très tactilement les musiques que j’entends. C’est tellement lié que j’ai dû mal à voir ce qu’on peut en dire.

 

Capitaine Blue : Quand on met une musique classique, va-t-on avoir tous les mêmes émotions ?

 

Arcaël : Une étude est sortie expliquant que les sons compressés étaient capables d’influencer les sentiments. Les musiques non-compressés auraient ainsi plus tendance à nous faire ressentir des émotions positives. Le terme “compressé” est ici employé pour parler des formats de fichiers musicaux sur un ordinateur... un fichier audio compressé serait un fichier au format “.mp3” par exemple, alors que l’extension “.wav” est un format non compressé.

 

Capitaine Blue : Puisqu’on parle d’une étude, ça me faire penser à la musicothérapie. Le fait est que la musique reste considérée comme une science depuis la Grèce antique, un peu comme les mathématiques. Pour faire vite la définition, la musicothérapie utilise les propriétés supposées de la musique et du sonore comme support pour rétablir, maintenir ou améliorer les capacités physiques et mentales d’une personne. Comme c’est de la psychothérapie, c’est considéré comme une science.

 

Kurosacha : Ça me parait logique, je me rappelle, en physique, on avait tout un module sur les sons : plus c’est long, plus c’est aigu (ou grave).

 

Capitaine Blue : Nous dérivons un peu, vous ne trouvez pas ? C’est ça les tables rondes, on échange et on change vite de sujet, ha ha ha !

 

Arcaël : Après on peut parler de la composition, ça joue énormément !

 

Capitaine Blue  : Comment ça?

 

Arcaël : Par exemple, quand tu composes en majeur, que tu fais un accord parfait, c’est toujours… riche, ça donne un effet joyeux, festif. A contrario, un accord mineur donnera plus une impression de tristesse, d’inquiétude, etc.

 

Clow : L’un est, en effet, plus angoissant pour un même “morceau”.

 

Kashmyr : Il y a des sonorités qui sont liées à certaines émotions, où chacun ressentira les mêmes émotions. Tu vois on va se retrouver, on peut dire triste, nostalgique, ce ne sera jamais pareil mais il y a des similitudes. Sauf quand les musiques sont liées à ce que l’on ressent, mais aussi à des souvenirs, et ça change complètement le sens d’une musique pour certains.

 

Capitaine Blue : Pensez-vous qu’on aurait des souvenirs collectifs qui feraient que tout le monde va ressentir une musique comme étant triste, car ça fait des siècles que ces accords sont liés à cette émotion ?

 

Kashmyr : Peut-être pas entièrement mais je pense qu’en partie oui, ça peut jouer. Le problème c’est qu’on retrouve ça un peu partout selon les communautés à travers le monde

 

Clow : Je pense que ça dépend aussi en partie en fonction des générations. Nous, sur certaines musiques, certains accords, notre génération va ressentir quelque chose de commun, que d’autres personnes d’autres générations ressentiront autrement.

 

Arcaël : Oui complètement, et il y a une histoire de culture, comme le disait Kashmyr. Parce que quand on écoute les musiques africaines, je n’en connais pas des tristes, ou des mélancoliques.

 

Clow : C’est souvent très entraînant, avec beaucoup de rythmique.

 

Kashmyr : Je ne suis pas totalement d’accord, j’ai écouté beaucoup de chants traditionnels africains, et beaucoup sont lancinants. C’est aussi le fait que l’Afrique et l’Europe ont des cultures complètement opposées. L’Afrique a une vision plus … optimiste, par rapport aux européens.

 

Raxa : Mmhhh… dire qu’il y a plus de musiques entraînantes en Afrique, c’est faux, c’est simplement qu’on est totalement inculte sur le sujet. Il y a des chants en Afrique qui sont vraiment poignants, avec une émotion forte. On écoute que ce l’on nous fait écouter, que ce que les média importent des autres cultures.

 

Kurosacha : Que ce soit la musique ou n’importe quelle forme d’art, pour moi ils sont tous liés à ce qu’on ressent. Quand on me dit “est-ce que la musique crée vraiment des émotions ?”, évidemment que oui, chacun peut y donner l’image qu’il veut. Quand je jouais de la guitare, chaque accord me faisait penser à une couleur, et chaque partition me faisait penser à une phrase, ou à des mots. Je ne suis pas synesthète mais c’est le même principe !

 

Aoi Milk : Moi, tout ceci me fait beaucoup penser à Fantasia quand on était petit, où on associe la musique à un mouvement de formes géométriques, abstraites. Ça ne nous a pas formaté, mais ça nous a fait associer la musique à certaines émotions, formes, couleurs. Ça rend la chose ludique.

 

Clow : Je suis d’accord, et le projet Fantasia était là pour faire apprécier la musique classique aux enfants, en jouant sur les émotions, sur les formes, je pense notamment à la scène des balais qui, en rythme avec la musique, font le ménage. Les enfants ont pu, à travers cette expérience, se faire une image de ce que peut représenter la musique.

Fantasia, Walt Disney

Capitaine Blue : Vous pensez que les musiques que vous avez déjà entendues dans les dessins animés étant enfant ont pu susciter des émotions particulières ?

 

Mercantille : En un sens oui, parce que pour la plupart des dessins animés, tu as toujours une musique, soit associée au gentil, soit au méchant où… on se dit que le méchant doit avoir telle ou telle musique. Ça rejoint ce qu’on disait à propos de la culture où on transpose ce que l’on vit, ce que l’on entend, pour l’associer à une émotion.

 

Capitaine Blue : Quelqu’un veut dire autre chose au sujet de la musique et des émotions ?

 

Kurosacha : Je pense que certaines musiques qu’on a entendues dans certaines occasions et qui nous ont fait ressentir une certaine sensation restent gravées avec l’émotion ressentie à ce moment-là, alors que la musique essayait peut-être de nous faire passer une toute autre émotion.

 

Flech : Je pense que ça se fait surtout quand tu as un décalage entre la musique et la situation. Souvent dans les films, ça crée une situation ridicule, ou parodique. Du coup, parfois, tu vas mettre une musique qui n’a pas du tout de rapport avec la situation que tu vis, ce qui va créer un décalage qui change la nature de la musique.

 

Kashmyr : Mais ça ne change rien à la nature de la scène. Aujourd’hui s’il y a plein de films où l’on ne retient pas la musique, c’est parce qu’elle n’est pas simplement ce qu’on voit. Quand tu utilises une musique qui est en décalage, en partie, avec ce que tu proposes, ça crée l’impact !

 

Clow : Je trouve que la musique, seule, ne crée pas l’émotion.

 

Flech : Tout dépend de l’environnement, la musique ne peut pas être… elle est forcément liée à quelque chose.

 

Kashmyr : Elle fait s’adapter au moment et aux individus.

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