Chroniques artistiques - la Dark fantasy #1

Par Asthenot

Ces chroniques mensuelles ont pour but de s’interroger sur divers sujets lié à l’Art, sans pour autant vous imposer la version du ou des auteurs de ces textes. Il s’agit d’avis profondément personnels basés sur les expériences et les ressentis artistiques de chacun. Nous vous invitons donc à nous faire part de vos points de vue et questions dans les commentaires.

 


Introduction à la Dark Fantasy

La fantasy au sens large du terme prend ses racines dans un univers culturel global que l’on appelle le merveilleux ou le surnaturel. De fait, personne n’a à se poser la question du “pourquoi les elfes ont les oreilles pointues ?”, ou encore “pourquoi les dragons sont des reptiles ?”, il en va de soi et cela n’a pas besoin d’être remis en cause. Il ne s’agit pas d’une simplification de la création artistique, considérons plutôt cela comme une toile de fond servant de support et permettant de nous épargner la description d’un certain nombre d’évidences.

 

OSTARIA
OSTARIA

"La beauté ne correspond plus aux formes idéales de l'humanisme." Encyclopédie Universalis

 

La Dark fantasy, quant à elle, se base sur tout autre chose, en gardant quelques composantes attendues de la fantasy comme par exemple son bestiaire. Cependant il y a deux éléments que la Dark fantasy traite différemment : la mise en avant d’un univers non manichéen et le détail très poussé de ses œuvres, qui facilite l’immersion du spectateur, et donc l’échange émotionnel.

 

On assiste à une démarche qui vise à dialoguer avec le public en utilisant la sphère des sensations et des émotions. La Dark fantasy veut montrer quelque chose au spectateur, quelque chose qui n’est peut-être pas joyeux, mais qui concentre l’émotion du monde actuel dans la fiction. Elle est issue de nombreux courants artistiques anciens. Pour ma part, mes sources d’inspiration restent Le Caravage et le ténébrisme pour la peinture, le Romantisme pour la littérature et la mythologie en général.

 

CAUCHEMAR
CAUCHEMAR

“Tu me rends si content quand tu résous mes doutes, que le doute m'est doux autant que le savoir.” La divine comédie - Enfer, Dante Alighieri

 

Autrement dit, la Dark fantasy n’est autre que la transposition des drames, de l’angoisse et de tout ce qui caractérise la fatalité de notre vie quotidienne dans un monde imaginaire. D’où le besoin d’insister sur le fait que le « bien » est subjectif, de même que la notion de « mal ». On voit donc poindre un questionnement sur soi-même et le monde qui nous entoure et cela à travers le prisme d’une fiction relativement sombre et pessimiste.

 

Je reviendrai bien évidemment sur les créatures, le monde et les ambiances nécessaires pour créer un bon univers de Dark fantasy dans un prochain article. C’est là ma spécialité, mon style s’est naturellement orienté vers un univers sombre, reflet de mon vécu, et par lequel se réalise ma catharsis.

 

Lamina
LAMINA

"Je compris ce que nous avions vu ce jour-là, et plus jamais je ne me sentirai vivant." Les funérailles de Fandrix, Asthenot

A bientôt pour la suite, voyageur !


Pour aller plus loin :

Quelques œuvres et maîtres de Dark fantasy pour mieux saisir le genre.

 

Peinture

Méduse - Peinture du Caravage
Méduse - Peinture du Caravage

Le mythe de méduse est écrit par Ovide dans Les métamorphoses, Caravage est un passionné de ces contes mythologiques. Je trouve que le fait que la méduse soit peinte sur un bouclier est une belle représentation de la mort de cette gorgone par Persée.

 

Musique

Aythis est un groupe de musique orchestrale, dont la composition est très sombre. J’utilise beaucoup ce style musical dans des parties de JDR qui se déroulent dans un monde issu de la Dark fantasy.

 

Livre

Grendel

John Gardner - Environ 300 pages

 

Je ne pouvais pas laisser passer l’occasion de parler d’un de mes livres préférés, qui m’a profondément marqué. Grendel est rattaché à la mythologie Norroise et surtout lié au conte de Beowulf. John Gardner met en avant à travers ce roman, le point de vu du monstre qui s’avère être touchant et plus humain que le reste de la population Danoise. Et ce malgré les actes horribles qu’il commet. John Gardner est un auteur qui a été perturbé dans sa jeunesse par un accident qu’il a provoqué et qui a entraîné la mort de son jeune frère, on ressent à travers ce livre toute la culpabilité et les questions qu’il a pu se poser et le manque de réponse face à ce traumatisme.

 

Un livre simple à lire mais dont la profondeur du contenu est magnifique, symbolisant parfaitement la notion subjective du “bien”.